The Occupation of the American Mind : les dessous d’une guerre médiatique

Les médias américains seraient-ils biaisés lorsqu’il s’agit de couvrir le conflit israélo-palestinien ? C’est en tout cas ce que dénonce le reportage, The Occupation of the American Mind, réalisé par Jeremy Earp et Loretta Alper. Critique, sévère et sans concession, des médias américains qui favoriseraient Israël dans la bataille de l’information, que se livrent les deux camps.

L’opinion publique américaine mal informée ?

Le producteur canadien, George Matta, présent lors de l’avant-première mondiale au Fipa, précise comment ce projet a vu le jour : « Sut Jhally, professeur de communication à l’université du Massachusetts à Amherst, a tenté une expérience sur ses élèves et il s’est avéré qu’ils pensaient que le pays qui  terrorisait le plus sa population minoritaire était la Palestine alors qu’ils avaient le choix avec la Turquie, l’Afrique du Sud et Israël. Il s’est dit qu’il y avait un réel problème dans la société américaine». Sut Jhally est, par ailleurs, le fondateur et président de la Media Education Foundation qui a produit, en partie, ce reportage.

A travers des images d’archives, des documents télévisés issus de différentes chaînes de télévision et des témoignages d’experts, le film remet en question la neutralité des médias américains. Les mots sont durs : « propagande » et « occupation des esprits » sont des termes récurrents. Les images terribles d’explosions ou de corps de palestiniens jonchés dans les rues, choquent. Le but étant de démontrer les contradictions du discours des journalistes, preuves à l’appui.

Des médias américains sous le feu des critiques

La critique du fonctionnement des médias et des relations publiques, est intéressante. Le manque de déontologie de certaines chaînes telles que Fox News et CNN, est mis en avant. George Matta dénonce : « ils adoptent des phrases toutes faites qui sont répétées d’une chaîne à l’autre ». Les médias sont également accusés de favoriser le point de vue israélien en limitant les interventions de personnalités palestiniennes.

Plusieurs études semblent aller dans ce sens, telle que celle de Karim H. Karim (2003), qui explique que la « dramaturgie médiatique » est toujours présente bien que les opinions aient évolué depuis la fin des années 80. L’image du « méchant Palestinien musulman » par opposition au « héros Juif Israéliens » serait encore privilégiée par les médias.

Un reportage partisan

Pourtant, la nuance est de mise. Le reportage propose une étude construite, qui interpelle, mais dont le côté partisan ne peut être passé sous silence. Les images choquantes cherchent à provoquer l’empathie du spectateur car le but est de faire réagir. La présentation du paysage médiatique américain n’est pas non plus exhaustive puisque l’on retrouve souvent les mêmes chaînes de télévision. La presse écrite, la radio ou les réseaux sociaux sont, quant à eux, peu évoqués.

Cependant, l’intention est de provoquer le débat et une réflexion critique sur un sujet plus que sensible. La volonté de choquer s’apparente à un désir de faire réagir la population américaine. Mais le risque est de desservir cette cause en tombant dans les mêmes travers dénoncés…

Laura Andrieu

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