ELIZABETH II, la révolution d’une reine: adapt to survive

Alors en voyage au Kenya avec son mari, Elizabeth Alexandra Mary apprend la mort de son père, le roi George VI le 6 février 1952. Quinze mois plus tard, elle devient Elizabeth II, Reine du Royaume-Uni, du Canada, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, et reine du Commonwealth . Dès cet instant, la jeune monarque se dévouera pleinement à son titre, et finira par être le souverain britannique ayant régné le plus longtemps (63 ans 11 mois et 17 jours), dépassant la durée de règne de son arrière-arrière-grand-mère la reine Victoria. A l’occasion de la Fipa 2016, le réalisateur Pierre Hurel nous fait découvrir son règne dans un documentaire intitulé ELIZABETH II : La révolution d’une Reine

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Le couronnement d’Elizabeth II, le 2 juin 1953

Un documentaire axé sur la crise monarchique des années 1990

Le début des années 1990 voit une succession d’affaires et d’événements qui fragilisent la monarchie britannique. En novembre 1992, le château de Windsor, la résidence royale préférée de la reine, est touché par un incendie. Le coût des réparations s’élève à plus de 60 millions de Livres. Le gouvernement déclare que c’est à l’Etat, et donc aux contribuables, de payer cette somme. Ceci provoque la colère des britanniques, qui veulent que la reine (non imposable) paie la facture. Une autre grande crise occupe la Une des tabloids: en 1994, les aveux du prince Charles sur son infidélité fragilisent encore plus la monarchie. Les choses ne s’arrangent pas lorsque la Princesse Diana accorde une interview à la BBC, où elle y dévoile tout sur sa relation tumultueuse avec le Prince Charles. La crise finale aura lieu en 1997, lorsque Lady D meurt dans un accident de la route. Les britanniques ne comprennent pas la réaction de la famille royale, qui ne s’exprime pas et qui reste retranchée dans le château de Balmoral en Ecosse.

Cependant, le documentaire démontre comment la reine a su réagir face à ces crises. Elle décide d’oublier la maxime royale « ne jamais se plaindre, ne jamais expliquer ». La reine accepte de payer des taxes suite à l’affaire de l’incendie du château de Windsor. Cinq jours après la mort de Lady Diana, elle décide de se rendre à Londres pour se recueillir devant les milliers de bouquets de fleurs déposés devant la grille d’entrée de Buckingham Palace. Elizabeth II accepte de parler aux caméras. En une phrase, elle effacera la vent d’hostilité qui souffle sur la famille royale:

« We have all been trying in our different ways to cope. It is not easy to express a sense of loss, since the initial shock is often succeeded by a mixture of other feelings: disbelief, incomprehension, anger – and concern for those who remain. We have all felt those emotions in these last few days. So what I say to you now, as your Queen and as a grandmother, I say from my heart. »

(Nous avons tous essayé dans nos différentes façons de faire face aux événements récents. Il est difficile d’exprimer un sentiment de perte, puisque le choc initial est souvent remplacé par un mélange d’autres sentiments: l’incrédulité, l’incompréhension, la colère – et de la préoccupation pour ceux qui restent. Nous avons tous ressenti ces émotions dans ces derniers jours. Donc, ce que je vous dis maintenant, en tant que Reine et en tant que grand-mère, je dis le dit du fond du cœur).

Elizabeth II a su s’adapter aux époques et casser les paradigmes pour sauver son image. Elle s’est « adoucit avec l’âge, tel un bon vin ». Elle a réussi quelque chose de révolutionnaire, une transformation fondamentale de sa personnalité et de ses moyens d’agir et d’être avec le public. La mort de la « Queen Mother », femme très conservatrice auprès de qui Elizabeth demandait souvent conseil, apporte en quelque sorte la touche finale à sa métamorphose. Aujourd’hui, la reine est devenu la grand-mère préférée du peuple britannique, et cela s’est vu à l’occasion de la célébration de ses 50 ans de règne lors de son jubilé d’or en 2003, mais aussi lors des Jeux Olympiques de Londres en 2012 avec la diffusion d’une courte vidéo ou l’on aperçoit la reine « sauter d’un hélicoptère » avec James Bond (Daniel Craig).

Connor Owens