La 3D va-t-elle révolutionner le reportage ?

Le Google Cardboard

Et si la réalité virtuelle permettait de révolutionner le journalisme d’immersion? C’est le pari fait par Imraan Ismal (Vrse) et Ben C. Solomon (prix Pulitzer et journaliste au NY Times), qui signent avec The Displaced, un film de 11 minutes qui raconte la vie de 3 réfugiés de guerre.

La réalité virtuelle comment ça marche ?

Le Fipa 2016 propose à ses festivaliers une expérience insolite en leur permettant de visionner ce documentaire à travers le Google Cardboard, un casque en carton de réalité virtuelle. Le smartphone, intégré à l’intérieur, diffuse le film tandis que le casque retransmet la vision 3D. Toute cette technologie nous permet de partager le quotidien d’Olag victime de la guerre en Ukraine, de Chuol au Sud Soudan et d’Hana en Syrie.

La crise des réfugiés comme on ne l’a jamais vue

L’expérience en est déroutante. On oublie tout autour : on se retrouve avec Olag dans son école ravagée par la guerre tandis que, deux minutes plus tard, Hana nous raconte son quotidien dans un camp de réfugiés, au Liban. L’immersion est totale dans le quotidien de ces trois jeunes enfants ce qui permet au spectateur une meilleure compréhension du phénomène. Selon Philippine, hôtesse du Fipa, l’animation rencontre un grand succès auprès des visiteurs car « ils s’y croient vraiment, ils sont impressionnés ». Cette technologie appliquée au journalisme d’immersion semble donc être promise à un bel avenir.

Une technique certes limitée mais au potentiel intéressant

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Clément, festivalier.

Pourtant, Clément, un jeune festivalier ayant fait l’expérience, émet quelques doutes. Pour lui, bien qu’intéressant et novateur, ce documentaire n’est « pas encore au point ». Il précise que « l’on est un peu perdu dans l’espace, on perd les sous-titres parfois ». Quant à Michelle, une sexagénaire, elle se demande quelle est la finalité de ce projet. Ne comprenant pas l’anglais, elle a du mal à appréhender l’histoire derrière les images.

Malgré quelques problèmes techniques certains et une bonne migraine à la fin de l’expérience, il semble que le potentiel de la réalité virtuelle, pour le reportage, est intéressant. Notamment en favorisant l’empathie du spectateur avec les personnages de l’histoire. Quitte à ce que cela fasse parfois tourner la tête…

 

Laura Andrieu