Kad Merad, député ?

C’est l’un des invités phares de cette édition 2016 du FIPA ! Kad Mérad revient sur nos écrans et rentre dans la peau d’un député-maire du nord de la France, aux côtés de Niels Arestrup et d’Anna Mouglalis dans la série Le Baron noir prochainement sur Canal+. Sous le soleil radieux de la côte basque du Fipa, il nous éclaire sur les dessous du tournage.

Un rôle politique pour un comique

En lisant le scénario des deux premiers épisodes et en rencontrant Ziad Doueiri, le réalisateur, Kad Mérad adhère tout de suite à l’idée. Il ne lui restait plus qu’à trouver le temps nécessaire pour s’immiscer dans la peau du personnage. « Je serais le baron noir pendant cinq mois», affirme alors le comédien – bien qu’il n’avait jamais fait de série auparavant. Cette fois-ci, c’est de politique qu’il s’agit, plus particulièrement du parti socialiste. Un défi pour Kad qui n’était pas « capable de tenir la conversation pendant plus de cinq minutes à table » quand on parlait politique aux repas de famille. Lui, c’était plutôt celui qui « allait finir le dessert dans la cuisine ». Il regarde néanmoins les chaînes d’infos, « y’en a de plus en plus aujourd’hui », pour voir comment les hommes politiques s’expriment. Une aide précieuse pour formuler ses discours devant l’Assemblée dans la série, où il interprète Philippe Rickwaert, le personnage principal. C’est d’ailleurs un personnage qui tranche radicalement avec ceux que l’acteur à l’habitude d’interpréter. On se souvient de ses comédies surtout – un peu moins de ses rôles dans Je vais bien ne t’en fais pas et Les Choristes.

Nouveau regard sur la politique ? Un peu. Mais Kad reste conscient des manipulations qui se trament dans ce monde qui reste avant tout une « foire ». Il a cependant appris ce qu’était l’intimité d’un président qui reste un homme avant tout, même s’il a de moins en moins de vie privée avec tous les réseaux sociaux aujourd’hui. Après le tournage de la série, le célèbre comédien ne se sent pas plus attiré par la politique qu’avant : « je ne soutiendrais jamais un candidat, je peux changer d’avis très vite ».  Cela ne l’empêche pas de voter à toutes les élections, ou du moins aux plus importantes. « Maintenant, il y aura toujours de la politique dans mes films » ironise-t-il, un sourire malicieux aux lèvres. Pour lui, la politique devrait prendre plus de place – notamment au sein des écoles. « Si j’étais président, je prendrais ce qui est bon de tous les côtés » affirme-t-il. Son souhait ? Que ceux qui regardent la série se rendent compte qu’un destin politique peut changer en seulement quelques phrases.

Les politiques, tous pourris ? « Je ne crois pas » déclare l’acteur, qui vient d’une banlieue parisienne assez difficile dans laquelle il a vu émerger une forme de politique de quartier. Il reste pourtant optimiste. On sent son émotion, quand il nous parle du rôle, de ce président qu’il interprète, un président très humain, proche de sa fille, soucieux des problématiques de sa ville. « Mais ça devient de plus en plus compliqué quand on remonte la pyramide du pouvoir », se désole-t-il.

Biarritz ou l’appel du large

Pourquoi un tournage dans le Nord – à Dunkerque – alors qu’il fait si beau à Biarritz ? « C’est aux réalisateurs qu’il faut demander », rit-il. Il continue avec ses anecdotes, nous parle du Nord, de ses usines, et de son ambiance ouvrière, ancien fleuron de l’industrie, que l’on ne trouve nul part ailleurs. Une seconde saison au Pays Basque ? Il ne serait pas contre.

Lui ne connait pas du tout la région, Biarritz, encore moins. Il y reviendra le 13 février, pour présenter son film, Marseille. Kad s’émerveille pourtant de la fierté « des basques d’être Basques», de ce sentiment d’appartenance si particulier.« Et les fêtes de Bayonne, ça existe toujours ? » lance-t-il pour finir, nous avouant ne jamais s’être remis de celle qu’il avait fait, à l’époque.

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Le comédien nous accorde même un petit selfie!

Camille Rioual

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