Le Fipa au cœur de l’islamisme radical

The Woman Who Joined the Taliban, documentaire de Kai Lawrence, 2016

Après les attentats de Paris en novembre 2015 et plus récemment ceux d’Istanbul et de Ouagadougou, la 29ème édition du Festival International de Programmes Audiovisuels (Fipa), à Biarritz, pouvait difficilement se passer d’aborder le thème de l’islamisme radical.

Son délégué général, François Sauvagnargues, nous explique que 8 programmes traiteront de la question de l’islamisme radical liée au conflit Syrien, mais pas seulement puisque Among the believers d’Hemal Trivedi et Mohammed Ali Naqvi se plonge au cœur de la Mosquée rouge en suivant Abdul Aziz Ghazi, qui est à la tête de cette organisation pakistanaise.

Comment comprendre la radicalisation ?

François Sauvagnargues précise que l’intérêt principal de ces différents films est qu’ils « raisonnent les uns par rapport aux autres ». Bien que divers sur de nombreux points, et notamment leurs genres (fiction, documentaire, reportage…) ils se rejoignent dans leur volonté de comprendre le processus de la radicalisation religieuse. La fiction de Xavier Durringer, Ne m’abandonne pas, nous invite à réfléchir sur ce phénomène à partir du personnage de Chama, 17 ans et qui vient de réussir le concours d’entrée à Sciences Po. Le thème de ce film peut déranger, car il nous interpelle sur les possibles raisons qui la poussent à vouloir partir en Syrie afin de rejoindre son mari, qu’elle a épousé sur internet.

The woman who joined the Taliban (Kari Lawrence) traite également de cette question en se concentrant sur un personnage en particulier : Beverley Giesbrecht, cadre dynamique et fervente catholique qui se radicalise après le 11 septembre 2001. Elle décide ensuite de partir filmer les Talibans à la frontière du Pakistan et de l’Afghanistan.  Là aussi, l’intérêt est de comprendre les parcours qui peuvent conduire à l’extrémisme religieux.

Des reportages au cœur du phénomène

François Margolin et Lemine Ould Salem, quant à eux, ont décidé de s’intéresser à la construction du problème en amont avec Salafiste en mettant en scène des idéologues radicaux, à l’origine de la pensée de nombreux jihadistes.  Le choix de ne pas intégrer de commentaires ou de voix offs dans ce reportage fait du spectateur un témoin direct de cette propagande. Objectif partagé par Syrie, les escadrons du Jihad de Farouk Atig et Yacine Benrabia qui ont suivi le quotidien, pendant une semaine, des brigades jihadistes syriennes qui affrontent les forces loyalistes de Bachar al-Assad.

Un programme chargé donc, qui poussent les spectateurs à s’interroger sur un phénomène brûlant dans l’actualité. Pour une meilleure compréhension du phénomène, un débat est organisé le mercredi 20 janvier à 15h au Casino municipal de Biarritz sur L’islamisme radical en question, en présence des réalisateurs et scénaristes de ces films qui expliquent les difficultés de traiter d’une telle question. Un bon moyen de discuter d’un sujet connu mais encore mal compris.

Laura Andrieu